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• Biodiversité et gestion des espces verts (Été 2019)

 

Biodiversité Agents Sorgues 1La volonté politique intercommunale a toujours été tournée vers la défense de la biodiversité, bien avant la loi Labbé interdisant l’utilisation de produits phytosanitaires par les collectivités depuis 2017.

 

Diverses techniques ont ainsi été mises en œuvre afin d’instaurer une politique respectueuse de l’environnement dans la gestion des espaces verts : Gestion différenciée avec des fréquences d’entretien distinctes en fonction des zones, choix de végétaux de type méditerranéen nécessitant peu d’arrosage et d’entretien, paillage pour éviter le désherbage et garder l’humidité, plantes couvre-sol et prairies fleuries pour remplacer le gazon trop gourmand en eau, arrachage manuel ou débroussaillage thermique… des solutions ont été trouvées pour concilier entretien des espaces verts et préservation de la biodiversité. Les produits de biocontrôle renforcent cette panoplie.

 

Qu’est-ce qu’un produit de biocontrôle ?

 

C’est un produit naturel par opposition aux produits chimiques, dont l’objectif est la gestion des équilibres des populations d’agresseurs plutôt que leur éradication. Il en existe 4 types : les macro-organismes comme les coccinelles utilisées contre les araignées du tilleul, les micro-organismes tels que les nématodes, vers microscopiques parasites employés dans le lutte contre certains insectes ravageurs et gastéropodes, ainsi que les substances naturelles à l’exemple du cuivre pour lutter contre les maladies cryptogamiques (champignons parasites), et également les médiateurs chimiques à l’instar de l’acide pélargonique pour désherber, ou encore les phéromones, utilisés contre certains nuisibles peu appréciés…

 

Pas de pitié pour le Thaumetopoea pityocampa !

 

Ce papillon de nuit, surtout connu dans sa phase larvaire sous le nom de chenille processionnaire, libère par ses poils une substance urticante qui entraine une réaction rapide, intense et douloureuse.
On lutte déjà contre ce fléau par piégeage mécanique, à l’aide de sacs collecteurs, placés autour du tronc des pins, qui capturent les chenilles lors de leur descente pour aller s'enterrer. On utilise aussi désormais des phéromones microencapsulées sous forme de gel qui empêchent le papillon mâle d'être attiré par une femelle. D’une durée de vie de 48h, celui-ci mourra sans avoir pu féconder. Ces billes, tirées dans les pins avec un pistolet à air comprimé, libèrent lentement leur principe actif pour une protection pendant toute la saison.

 

Le zéro phyto : un nouveau mode de vie !

 

HerbesFolles Chercher des alternatives à l'utilisation des produits phytosanitaires en innovant ou en revisitant des pratiques ancestrales permet de trouver un équilibre entre protection de la nature, de la santé publique, et de la ressource en eau, tout en offrant un cadre de vie agréable. Les agents intercommunaux ont ainsi à cœur de gérer les espaces verts publics comme des espaces propices à la la biodiversité : le regard change, les techniques évoluent, et la nature ne doit plus être maîtrisée ou domptée mais préservée pour offrir des lieux publics agréables, vivants et sains.

 

 

 

• Quand la nature s’invite en ville… (2016)

 

La protection de l’environnement est une préoccupation majeure des Sorgues du Comtat, et naturellement du service « Espaces Verts » qui veille à travailler de manière raisonnée en conciliant respect de la biodiversité, préservation des ressources naturelles et maintien d’un cadre de vie agréable.

 

En tant que gestionnaire des voiries, la collectivité se doit de maîtriser la végétation spontanée pour de multiples raisons comme la sécurisation des bords de routes, la visibilité des panneaux routiers, le respect de la santé publique ou plus simplement l’esthétisme. Malgré tout, le lien entre désherbage, tonte et propreté reste surtout un idéal culturel solidement ancré dans les mœurs depuis plusieurs décennies. Mais la loi de transition énergétique va venir modifier cette situation puisque la loi Labbé prévoit qu’à compter du 1er janvier 2017 les espaces publics passeront en « zéro phyto », c’est-à-dire que les collectivités ne pourront plus acheter ni appliquer de produits herbicides ; une interdiction étendue aux particuliers en 2019. Il sera dès lors impossible de conserver le niveau d’entretien actuel sur l’ensemble du territoire et notre regard sur la végétation spontanée va donc devoir changer !

 

 

Les dangers des produits phytosanitaires


ZeroPhytoPernesAujourd’hui la France est le premier consommateur de produits phytosanitaires en Europe et le troisième au niveau mondial. Ces produits sont à l’origine destinés à protéger les espèces végétales cultivées contre les maladies et les insectes, généralement pour améliorer les rendements. On associe souvent les pesticides à l’agriculture, où leur utilisation intensive a permis de réels progrès. Pourtant, 10% de la consommation concerne des usages non agricoles, essentiellement les parcs et jardins où ils sont utilisés pour supprimer l’herbe et traiter les végétaux d’ornement.
Mais ces substances sont toxiques et présentent des dangers pour la biodiversité animale et végétale. Or seulement 10% des quantités appliquées atteignent réellement leur cible, le reste étant disséminé dans l'environnement ! Des résidus de pesticides sont ainsi retrouvés dans les eaux de pluie, les rivières, les nappes phréatiques, l’air et les sols, mais aussi dans les fruits, légumes, céréales et produits d’origine animale : une accumulation de substances nocives qui peut avoir des conséquences graves et met en danger tout notre écosystème !

 

 

AgentEspaceVertDes solutions à trouver


Depuis plusieurs années déjà, nos collectivités se sont engagées dans un réel effort de réduction de l’utilisation des produits chimiques. A Pernes le passage au « zérophyto » a été obligatoire lors de l’intégration de la commune au programme « Abeilles sentinelles », un changement radical dont la population a rapidement pu constater les effets et qui a incontestablement contribué à l’obtention et au renouvellement du Label 3 Fleurs (voir p.12). A Monteux, le changement de pratiques est passé par la mise en place d’un plan de gestion différenciée des espaces publics qui concerne le désherbage, la tonte ou encore le fauchage. Althen expérimente également la plantation de sedum, plante couvrante qui limite le développement des herbes folles. Enfin, la création de massifs méditerranéens, avec géotextile et paillage végétal (copeaux ou résidus de taille broyés) ou minéral (Pouzzolane, graviers ou galets) s’est généralisée dans nos trois communes. Le 1er janvier prochain, c’est la réglementation qui imposera à tous une même ligne à suivre, à savoir le « zérophyto » dans tous les parcs et les jardins ouverts au public (les stades et les cimetières n’étant pour l’instant pas concernés sous conditions).

 

Aux Sorgues du Comtat, un plan de désherbage est actuellement en cours d’élaboration : cet outil permet de cartographier précisément l’ensemble du territoire afin de répertorier les zones à risque situées à proximité des cours d’eau ou des avaloirs, de diagnostiquer les espaces selon leur type de revêtement ou encore de classifier les voies, parcs et jardins en fonction de leur fréquentation. C’est une étape incontournable qui permettra ensuite aux équipes techniques de se conformer au mieux à la réglementation en adaptant leurs pratiques aux besoins, depuis un travail manuel intensif jusqu’à un allègement significatif des interventions en passant par des techniques mécaniques ou alternatives.

 HerbesFolles 3

Changeons de regard sur nos paysages


Si les équipes techniques feront le nécessaire pour maintenir un cadre de vie agréable, il faut s’attendre à ce que l’arrêt complet de l’utilisation des herbicides entraîne de profonds changements dans nos paysages urbains. L’arrachage manuel des herbes, le fauchage ou encore le brûlage thermique ne permettront pas de garder partout le niveau actuel de désherbage ; parallèlement, même si le paillage ou encore les plantes couvre-sol permettent de maîtriser l’apparition d’adventices, ces techniques ne seront jamais aussi radicales que les produits chimiques. Nos villes vont donc devoir laisser une (petite) place à la végétation spontanée et leurs habitants changer de regard sur ces herbes qui ne sont finalement pas si « mauvaises » ou synonymes d’un manque d’entretien.



 

• Préservons la nature ! (2015)

Limiter la pollution, favoriser la biodiversité, préserver les ressources naturelles, protéger la santé des habitants, ces préoccupations liées à l’environnement sont depuis de nombreuses années au cœur des actions menées par Communauté de Communes Les Sorgues du Comtat. Cela passe bien entendu par le travail au quotidien des  agents intercommunaux sensibilisés à la protection de notre environnement avec le remplacement progressif des gazons pour économiser l’eau, la gestion différenciée des espaces verts ou encore le passage au « zéro phyto ».

Dans nos régions, les espaces engazonnés sont gourmands en eau et doivent être tondus régulièrement. Progressivement, ils sont remplacés dans nos trois communes, par des jardins secs privilégiant les plantes de type méditerranéen ou, comme à Monteux, par des prairies fleuries champêtres qui ne demandent pas d’entretien et représentent un véritable plus pour la biodiversité.

 

Gestion différenciée

 

Pour les espaces engazonnés restant, Monteux a opté pour la tonte différenciée qui consiste à varier les hauteurs et les fréquences de coupe en fonction des zones. Cela permet de réduire le nombre d’interventions et, sur les lieux moins fréquentés, de laisser réapparaître des fleurs sauvages. Cette action s’intègre dans le programme de gestion différenciée des espaces publics mis en place en 2013 et suppose des modes et fréquences d’entretien différents selon la typologie ou la localisation de ces espaces. Le programme prévoit également l’utilisation raisonnée des herbicides : « zéro phyto » dans les écoles, les crèches et sur le tour de ville, avec suppression thermique ou manuelle des mauvaises herbes, et désherbage chimique homologué « bio » sur les zones perméables telles que les allées et places recouvertes de graviers ou de clapissette. Sur les espaces goudronnés ou bétonnés, les produits chimiques ne sont plus utilisés car ils sèchent sur place et, à la première pluie, se diffusent dans les réseaux. De son côté, la commune d’Althen se dirige progressivement vers des solutions alternatives afin de réduire sa consommation de désherbants. C’est ainsi qu’elle a passé un contrat avec l’ESAT de l’Olivier pour le désherbage manuel du cimetière et de l’espace Karlstejn.

 

agrionL’Agrion de Mercure fait son apparition

 

A Monteux, la gestion différenciée concerne aussi le faucardage des cours d’eau avec une coupe « allégée » au printemps, en période de reproduction et de nichage, complétée par un nettoyage complet à l’automne. Cette action permet notamment de favoriser la biodiversité et a été récompensée par l’apparition récente sur trois sites d’une libellule protégée, l’Agrion de Mercure. L’espèce semble avoir trouvé à Monteux  l’environnement particulier dont elle a besoin pour vivre et, afin d’aller encore plus loin dans sa protection, des mesures spécifiques prescrites par la LPO (ligue de protection des oiseaux) vont être appliquées : la période et le mode d’intervention des tracteurs seront adaptés afin de permettre à l’insecte de se reproduire dans les meilleures conditions. Monteux devient ainsi le premier territoire de PACA mobilisé pour la protection de cette espèce rare de libellule.

 

A Pernes, c’est l’abeille qui est ambassadrice du développement durable. Depuis 2010, elle a pour résidence le Rucher des Fontaines, où plusieurs ruches et leurs essaims sont là pour sensibiliser le public à l’importance d’adopter les bons gestes pour protéger la nature. La commune, en accord avec la charte de l’UNAF
(Union Nationale de l’Apiculture Française) n’utilise plus de pesticides,
en pratiquant le « zéro Ruche Coquelicots FVphyto », et privilégie la plantation de végétaux à vocation mellifère et nectarifère. Les communes de Monteux et Althen, quant à elles, utilisent uniquement des produits homologués « biologiques » compatibles avec la protection des abeilles.

 

Qu’est ce que le zéro phyto ?

 

Même si les produits phytosanitaires, détruisant ou freinant la croissance des végétaux indésirables et des organismes considérés comme nuisibles, ont été jugés indispensables pendant longtemps, réduire leur utilisation est désormais devenu un véritable enjeu environnemental, tant pour le maintien de la qualité de l’eau que pour la protection de la biodiversité. Pour y parvenir, nos communes mettent en place des actions afin de tendre vers le « zéro phyto », la suppression totale des herbicides : désherbage manuel ou thermique, capture par piégeage, paillage… Cette dernière technique quiconsiste à mettre sur le sol un géotextile et de le recouvrir ensuite  d’éléments végétaux (copeaux de bois, résidus de taille…) ou minéraux (pouzzolane, galets, graviers), permet de limiter la germination des plantes indésirables et
de maintenir l’humidité du sol. Un bon moyen de recycler également les déchets verts
comme c’est le cas à Althen qui utilise les résidus broyés de taille comme paillage.

 

Que ce soit pour protéger l’eau, l’air ou la biodiversité, les services techniques communautaires mettent en place ces mesures exemplaires, que chaque citoyen peut s’approprier au quotidien afin de participer à son tour activement à l’amélioration de la qualité de vie dans nos communes. Un engagement pour la protection de l’environnement qui peut passer aussi par une modification de nos habitudes. En effet, face à la végétation spontanée, seules des interventions manuelles très fastidieuses peuvent remplacer les produits chimiques. Ne serait-il pas plus simple d’accepter que la nature reprenne un peu ses droits et que les « herbes folles » fassent à nouveau parties de nos paysages urbains ?